Oligoéléments: une alimentation équilibrée suffit à pourvoir aux besoins du corps

Fer, zinc, iode, manganèse… Autant de nutriments essentiels, mais dont il ne faut pas abuser. Un régime équilibré se révèle souvent plus efficace que des compléments alimentaires.

Oligos, en grec, signifie «petit» ou «peu abondant»: dans l’organisme, les oligoéléments sont présents en quantités infinitésimales, mais ils n’en sont pas moins indispensables à son bon fonctionnement. Certains participent aux réactions enzymatiques, d’autres interfèrent avec les hormones, aident l’organisme à se défendre… Voilà pourquoi des carences en oligoéléments – mais aussi, à l’inverse, des excès – peuvent nous fragiliser, voire nous rendre malades.

Des carences très rares

Dans nos pays développés, les vraies carences sont rares. Mais on peut toutefois être exposé à un déficit plus ou moins important dans certaines circonstances de la vie. Cela peut être le cas chez des femmes durant la grossesse et l’allaitement pour le fer, le zinc et l’iode, dont les besoins sont accrus. Le manque de fer est, par ailleurs, récurrent chez certaines femmes du fait des saignements menstruels. On l’observe aussi lors de la puberté, quand l’accélération de la croissance augmente les besoins en fer.

Autre risque: une activité sportive intense, source de transpiration et d’élimination des minéraux, peut induire un déficit en fer, zinc, manganèse et cuivre. Ou bien, ce sont des apports alimentaires réduits qui sont en cause, par perte d’appétit ou du fait d’un régime, avec de possibles déficits en fer, cuivre, zinc ou manganèse.

«Concernant les oligoéléments, faire ­correctement son marché est souvent suffisant pour éviter de prendre des suppléments nutritionnels.»

Chercheurs et médecins s’accordent pour penser que notre alimentation actuelle est trop riche en calories vides et que, concernant les oligoéléments, faire correctement son marché est souvent suffisant pour éviter de prendre des suppléments nutritionnels. Une étude publiée en avril 2019 par des scientifiques du Massachusetts vient appuyer ces dires. En travaillant sur les données de quelque 27.000 personnes, les chercheurs ont comparé la santé et le risque de décès d’Américains ayant une alimentation équilibrée ou consommateurs de compléments alimentaires.

Qu’ont-ils découvert? Par exemple, qu’une ration quotidienne adéquate de vitamine A, de vitamine K, mais aussi de zinc est associée à une réduction de risque de mourir prématurément d’une maladie cardiovasculaire. Cela n’est vrai, toutefois, que si ces nutriments proviennent des aliments: aucun bienfait n’est observé s’ils sont issus de comprimés, gélules ou autres suppléments.

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Attention aux compléments en fer

Dans quels aliments trouver ces oligoéléments? On sait le zinc présent dans la viande, les fruits de mer et les légumes secs ; le fer dans la viande, les légumes secs, le poisson et les céréales ; l’iode, surtout, mais pas seulement, dans les produits de la mer ; le fluor dans le thé et les légumes verts… En vérité, l’équilibre en oligoéléments ne peut venir que d’une alimentation diversifiée et équilibrée. Elle est, en effet, à même de prévenir du risque d’excès, possibles pour certains oligoéléments pris sous forme de compléments alimentaires.

«Dans l’enquête Inca 3 sur l’évolution des habitudes alimentaires des Français, de même que dans l’étude NutriNet-Santé, on observe un dépassement des limites de sécurité qui atteint presque 9 % chez les femmes consommatrices de compléments de fer», prévient le Dr Mathilde Touvier, chercheuse à l’Inserm et directrice de l’équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle. Dans ce cas, attention! Le fer peut avoir un effet pro-oxydant avec des dommages au niveau cellulaire.»

Si l’on pense faire l’objet de carences, mieux vaut, donc, aller consulter et faire un bilan sanguin avant tout changement d’alimentation et de prise de compléments alimentaires.

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