L’ennéagramme et la naturopathie

L’ennéagramme et la naturopathie

En naturopathie, on se sert régulièrement de typologies. Il en existe plusieurs :

  • Les tempéraments d’Hippocrate (lymphatique, sanguin, biliaire, nerveux) ;
  • Les constitutions de Marchesseau (sanghino-pléthorique et neuro-arthritique, qui donnent ensuite des sous-types) ;
  • Les constitutions homéopathiques (sulfurique, carbonique, phosphorique, fluorique) ;
  • Les diathèses de Ménestrier (diathèse 1 à 5) ;
  • La typologie planétaire (7 ou 8 planètes) ;
  • Les douze guérisseurs du Dr Bach (Agrimony, Centaury, Cerato, Chicory, Clematis, Gentian, Impatiens, Mimulus, Rock Rose, Schleranthus, Vervain, Water Violet) ;
  • Les trois qualités corporelles en médecine ayurvédique (Vata, Pitta et Kapha).

Ces différentes typologies ne tendent pas à étiqueter les individus, ni à les faire entrer dans des cases rigides qui diminueraient la complexité de leur personne, par définition unique.

Elles proposent plutôt des pistes, des lignes directrices qui permettent de comprendre des tendances physiques et émotionnelles. Bien utilisées, elles ne réduisent pas l’individu mais lui permettent de mieux se connaître et de mieux se comprendre. Cette connaissance accrue peut aussi lui permettre de mieux s’accepter tel qu’il est, et d’augmenter son amour de soi et sa confiance en soi, ce qui est bénéfique sur tous les plans (émotionnel, physique, spirituel). Certaines des typologies (tempéraments d’Hippocrate, diathèses de Ménétrier, constitutions de Marchesseau, guérisseurs des Fleurs de Bach, qualités corporelles de la médecine ayurvédique) permettent aussi de trouver des remèdes ou conseils d’hygiène de vie particulièrement adaptés à ces types de personnes.

L’ennéagramme est une typologie issue d’une tradition orale, transmise depuis très longtemps. Ses origines sont assez incertaines, mais il est frappant de constater que le nouveau testament y fait référence en citant les neuf vertus qui correspondent à la structure de l’énnéagramme. Il semble aussi qu’il ait été enseigné par les soufis (civilisation arabe du XIIIème siècle). Il fut ainsi transmis au fil du temps de maître à élève, on le retrouve en 1920 chez un psychologue russe (Gurdjieff). Il est ensuite enseigné en Bolivie et Chili en 1960 par des psychiatres. Aujourd’hui, on l’enseigne dans des universités américaines de psychologie et il est aussi utilisé comme outil de spiritualité car il permet deux choses :

  • Apprendre à se voir tel que l’on est.
  • Evoluer par rapport à ce que l’on est, pour développer son être réel de façon harmonieuse.

D’abord assez simple, l’ennéagramme identifie neuf « bases » ou fonctionnements généraux de comportements émotionnels. Pour les personnes qui souhaitent comprendre plus en profondeur, il se complexifie en ajoutant les « ailes », les « sous-types », voire les « flèches ».

Ces bases sont identifiées par des numéros (1 à 9), ce qui évite de nous faire une représentation trop rapide de ce qu’elles recouvrent, comme cela aurait été le cas si on leur avait donné des noms évocateurs.

Comment se servir de l’ennéagramme ?

L’intérêt principal de l’ennéagramme est de mieux se connaître, de s’accepter comme on est. Le second intérêt est de mieux comprendre et connaître les autres, dans leurs différences, avec bienveillance et respect. Si l’autre ne réagit pas et ne se comporte pas comme moi, c’est peut-être parce qu’il vient d’une base différente. Connaître les autres bases permet de mieux respecter les différences d’autrui.

Il faut savoir qu’aucune base n’est meilleure ou moins bien que les autres. Chaque base présente des aspects positifs et négatifs, liés à une compulsion qui vient de l’enfance. L’égo, ou fausse personnalité, s’est souvent développé sur ces compulsions. L’ennéagramme permet d’identifier ces compulsions et d’abandonner les mécanismes de protection, pour être plus authentique. Un même comportement peut avoir au moins neuf sources de motivation, et ce sont ces motivations qui déterminent à quel base on appartient.

A quoi correspondent ces neuf bases ?

A neuf blessures d’enfance assez distinctes. Certains pensent qu’il s’agit de blessures d’âmes venues se réincarner dans une famille qui pourra rejouer les blessures en question afin de les dépasser.

La base 1 correspond à la peur de mal faire.

La personne en base 1 est très rigoureuse. Elle s’appuie sur le concret, apprécie les chiffres. Elle déteste la colère et la perte de contrôle, et préfère faire ce qu’il faut faire, persuadé qu’il n’y a qu’une façon de faire les choses. C’est un perfectionniste, très travailleur, souvent l’enfant de parents très rigides et exigeants.

En fleur de Bach, on pourrait y voir une ressemblance avec le type Rock Water, rigide avec soi et exemplaire. La personne en base 1 peut devenir critique envers elle-même ou les autres (Beech en fleurs de Bach). Elle a un grand sens moral et respecte ses engagements. En typologie planétaire, on retrouvera Saturne.

La base 2 correspond à la peur de ne pas être aimé.

La personne en base 2 est très tournée vers les besoins des autres. Empathique, elle ne compte pas son temps à aider son prochain. Il lui arrive d’aider les autres même si ceux-ci n’ont rien demandé. Donnant tellement autour d’elle, il lui arrive de ressentir une injustice, de ne pas recevoir autant en retour. Elle a tendance à se sentir indispensable. Enfant, une personne 2 n’était aimée que si elle faisait plaisir.

En fleurs de Bach, on pourrait y voir une ressemblance avec le type Chicory, qui aide les personnes à passer d’un amour conditionnel à un amour inconditionnel.

La base 3 correspond à la peur de l’échec.

La personne en base 3 est tournée vers la réussite. Elle ne prend pas de vacances et se donne jour et nuit à son activité professionnelle. Elle peut se montrer très intolérante envers les personnes moins impliquées qu’elle. Elle est très orientée vers les résultats.

On peut établir un lien entre cette base et le tempérament Bilieux d’Hippocrate. Certaines personnes de base 3 auront aussi un type Oak en Fleurs de Bach, c’est-à-dire qu’elles poursuivront leur projet par sens du devoir, sans écouter leurs limites intérieures. Un personne 3 est en représentation, elle peut avoir du mal à être authentique envers elle-même ou les autres, car elle aime se composer un personnage. Enfant, le 3 avait souvent une mère fière de lui et de ses résultats scolaires.

La base 4 correspond à la peur d’être comme tout le monde, d’être banal.

La personne en base 4 se sent différente. Sa grande sensibilité et sa personnalité artistique en font une personne qui aime se démarquer des autres. Elle peut se montrer solitaire, mélancolique et se réfugie dans son imaginaire très riche. Elle se sent unique, et éprouve des émotions intenses. Très sensible, elle détecte ce qui ne va pas dans une situation. Cette personne a aussi peur d’être rejetée par les autres.

On peut penser aux Fleurs Water Violet et Clematis. Pour dépasser son hypersensibilité, cette personne pourra prendre Walnut en Fleurs de Bach.

La base 5 correspond à la peur de ses émotions.

La personne en base 5 est cérébrale. Elle observe le monde qui l’entoure sans y prendre part. Elle a besoin de longues périodes d’introversion pour se retrouver et cherche essentiellement à comprendre, à savoir, à conceptualiser. Elle se détache de son ressenti pour l’analyser. Cette personne est plus dans l’observation que l’action.

On peut la comparer à une Water Violet en Fleurs de Bach.

La base 6 correspond à la peur de la peur.

La personne en base 6 vit surtout en fonction de ses peurs. Elle peut y réagir par un repli sur elle-même (on dira alors qu’elle a une personnalité phobique) ou au contraire par un dépassement de ses peurs (on dira alors qu’elle a une personnalité contre-phobique).

Cette base peut correspondre aux personnes de type Rock Rose en Fleurs de Bach, c’est-à-dire les personnes terrorisées.

La base 7 correspond à la peur d’être enfermé.

La personne en base 7 cherche le plaisir, la liberté et la convivialité. Elle est bout en train, mais peut facilement passer d’un projet à l’autre sans les voir aboutis. Optimiste et bavarde, elle aime profiter des plaisirs de la vie.

Cette base correspond au type Sanguin en tempérament d’Hippocrate.

La base 8 correspond à la peur de l’impuissance.

La personne en base 8 recherche la puissance, la force, le contrôle et le pouvoir. Elle se montre en général assez protectrice des siens, mais peut réagir avec beaucoup de force (colère, cris, autoritarisme) lorsqu’elle estime que les siens sont en danger ou qu’une injustice a été commise. C’est une personne énergique et enthousiaste, leader voire autoritariste qui aime manifester sa colère souvent et fort.

Cette base correspond au type Bilieux en tempérament d’Hippocrate, et peut aussi regrouper des personnes de type Vervain en Fleurs de Bach (grand sens de la justice, leadership). On peut aussi retrouver un état Vine, très autoritaire.

La base 9 correspond à la peur du conflit.

La personne en base 9 recherche la médiation, les solutions gagnant-gagnant, l’harmonie et la paix. Elle peut réagir dans la fuite et l’inaction pour éviter les conflits, ou trouver activement des solutions pour les résoudre. Elle recherche la paix intérieure et à tendance à remettre au lendemain ce qui lui pose problème. Elle se montre très empathique, oubliant souvent ses propres besoins. Elle réprime sa colère.

Cette base correspond parfois à l’état Hornbeam, car de peur du conflit, le 9 peut éviter les décisions, rester dans l’inaction. Le 9 peut aussi masquer ses problèmes sous un sourire, et comme Agrimony, trouver des substituts à ses besoins et émotions : télévision, tabac, nourriture, alcool…

Conclusion

Contrairement à d’autres typologies (Fleurs de Bach, tempéraments d’Hippocrate), on n’a qu’une seule base et elle ne change pas au fil de la vie. Seule la personne concernée peut déterminer sa base, par un travail d’introspection. Il arrive qu’on hésite ou se fourvoie quelques temps avant de trouver la bonne base. Il est possible d’avoir des idées sur les bases de notre entourage, mais ce ne sont jamais que des interprétations personnelles.

Comme pour d’autres typologies, on peut agir sur notre base :

  • Mieux la comprendre ;
  • L’harmoniser ;
  • Emprunter à d’autres bases pour être plus équilibré (notamment aux deux bases voisines, qui constituent alors des “ailes”).

Pour y parvenir, la prise de conscience est primordiale, et d’autres pistes naturopathiques peuvent être utiles.

  • Fleurs de Bach ;
  • Techniques manuelles ;
  • Hygiène de vie (promenades dans la nature, exercices respiratoires, cohérence cardiaque) ;
  • Phytothérapie ou gemmothérpaie qui équilibrent le système nerveux (plantes adaptogènes).

Sources :

Philippe Halin, Jacques Prémont, Comprendre et pratiquer l’ennéagramme : 9 chemins vers le meilleur de soi et des autres.

Source :