Intolérance au lactose, allergie au lait: quelles différences?

À la différence de l’allergie aux protéines de lait de vache, avec laquelle elle est souvent confondue, l’intolérance au lactose touche surtout les adultes.

L’allergie aux protéines du lait de vache est la première des allergies alimentaires à apparaître chez l’enfant: 2 à 3 % des nourrissons avant l’âge de 2 ans sont concernés. Comme pour toute allergie, il s’agit là d’une réponse inadaptée du système immunitaire à des substances non agressives et normalement présentes dans l’environnement: les allergènes.

«Cette pathologie se traduit par des signes très variés comme de l’eczéma, de l’urticaire, des œdèmes, des coliques, des diarrhées, de lasthme », détaille le Pr Gisèle Kanny, allergologue à l’hôpital de Nancy. Lorsque l’allergie est avérée, ce qui nécessite forcément de réaliser des tests cutanés pratiqués par un allergologue, il faut supprimer chez l’enfant toute trace de lait de l’alimentation pendant une période de quelques mois.

Une démarche à pratiquer avec une diététicienne afin d’éviter les déséquilibres alimentaires ou les allergies croisées. «Après cette période d’éviction, l’allergologue réintroduit progressivement le lait dans l’alimentation dans le but de refaire basculer le système immunitaire vers la tolérance. Tout cela se fait sous surveillance médicale car le risque de choc anaphylactique, qui peut être mortel, est réel», poursuit le Pr Gisèle Kanny.

«Après cette période d’éviction, l’allergologue réintroduit progressivement le lait dans l’alimentation dans le but de refaire basculer le ­système immunitaire vers la tolérance.»

Pr Gisèle Kanny, allergo­logue à l’hôpital de Nancy

» LIRE AUSSI – Que contient le lait?

L’intolérance, un déficit en enzyme

Après l’âge de 6 ans, la majorité des allergies au lait disparaissent. C’est pourquoi on en rencontre très peu chez les adultes «Ce n’est cependant pas totalement impossible. Nous avons, par exemple, vu des réactions allergiques chez des sportifs qui avalaient des compléments de régime hyperprotéinés, concentrés en protéines de lait», souligne la spécialiste.

Mais alors, si les allergies sont rares, comment expliquer que de nombreux adultes se plaignent de troubles gastro-intestinaux lorsqu’ils avalent du lait? C’est tout simplement parce qu’ils ne sont pas allergiques, mais intolérants au lactose, le principal sucre du lait. L’aliment en cause et les symptômes sont identiques, mais les mécanismes en jeu n’ont rien à voir avec ceux de l’allergie. «Dans l’intolérance au lactose, vous ne supportez pas le lait en raison d’un déficit en lactase, enzyme digestive qui dégrade ce sucre», explique le Pr Gisèle Kanny.

» LIRE AUSSI – Les produits laitiers aident-ils à lutter contre l’ostéoporose?

Fromages et yaourts

En France, 30 à 50 % des adultes auraient une digestion incomplète du lactose.

En France, 30 à 50 % des adultes auraient une digestion incomplète du lactose car, chez la plupart des êtres humains et la quasi-totalité des mammifères, l’activité de la lactase diminue rapidement après le sevrage. L’intolérance au lactose est courante et peut être particulièrement inconfortable, mais elle ne présente pas de risque vital. Pour éviter les troubles digestifs, il suffit d’éviter la consommation de lait frais et de lui préférer les laits à teneur réduite en lactose, ou encore les fromages à pâte dure et les yaourts. La digestion des aliments semi-solides (yaourts) ou solides (fromages) est plus lente que celle du lait et favorise la digestion.

Surtout, il est conseillé de ne pas supprimer les produits laitiers de son alimentation car ils apportent des nutriments importants comme le calcium et la vitamine D. «De plus, si jamais les troubles digestifs étaient provoqués par une réaction allergique, une suppression des produits laitiers pourrait aggraver l’expression clinique de l’allergie», insiste le Pr Kanny. Le médecin recommande vivement aux personnes qui soupçonnent une allergie digestive ou une intolérance au lait de consulter un allergologue avant de bouleverser leur alimentation.

ARTICLE COMPLET SUR : sante.lefigaro.fr/article…