Comment cet ostéopathe animalier panse les maux des animaux

En ce début de semaine, à Saint-Hilaire-de-Lignières, Judoline du Chêne, une poulaine de 22 ans, a besoin d’une consultation d’ostéopathie. Sa propriétaire, Eloïse Bergeron, a donc fait appel à Thomas Cutard. Généralement, le jeune homme intervient pour une gêne, une douleur apparente ou pour une visite annuelle, « en prévention d’un traitement ».

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Pour la poulaine, c’est une première consultation. L’ostéopathe animalier s’approche d’elle avec un morceau de pain à la main et accroche une longe au baudrier. Avec l’aide d’Eloïse Bergeron, l’ostéopathe place Judoline à côté de son enclos. La poulaine se laisse approcher et, selon sa propriétaire, elle est même « plus calme que d’habitude. » Thomas Cutard fait comme toujours : il observe. « On regarde marcher l’animal. Là, je vois que son épaule droite ressort plus que la gauche et qu’elle compense en mettant plus de poids sur le postérieur gauche. »

Comprendre sans dialoguer

Pour comprendre ce qu’il se passe, il entame une série de palpations, d’écoute tissulaire, tout en posant à Éloïse Bergeron des questions sur l’histoire de l’animal et sur ses antécédents médicaux. Judoline se laisse toucher, réagit à certaines palpations, sa peau sursaute lorsque l’ostéopathe touche des points d’appuis qui la dérangent. « Elle a mis bas onze poulains et a, peut-être, eu un kyste ovarien », précise Eloïse. Justement, selon l’ostéopathe, « la reproduction peut créer le genre de problème » qu’il a détecté. 

Ces premières étapes l’aident à comprendre et trouver les endroits qu’il faut soigner. Car l’ostéopathe cherche toujours à « régler la cause du problème plutôt qu’à simplement soulager les maux ». Il peut arriver que le problème soit vétérinaire ou dentaire. Dans ce cas, l’ostéopathe dirige les propriétaires vers ses confrères. Ici, « tout indique qu’il faut travailler sur ou autour de l’ovaire droit et sur l’épaule droite de Judoline ». Le « protocole de soin », comme il l’appelle, peut commencer. Tout en s’assurant de la sécurité de sa patiente, il réalise un massage, en appuyant sur les nerfs et les ligaments qui joignent la troisième, la quatrième lombaire et l’organe génital.

Un animal apaisé et soulagé

Les signes de détente et de soulagements apparaissent. Judoline est statique, les mouches qui la chatouillaient ne la dérangent même plus. Grâce à des appuis et des étirements sur sa patte avant droite, la poulaine retrouve une aisance de mouvement et un apaisement au niveau des douleurs. Judoline se met à bailler, à mâchouiller, elle commence même à s’endormir. « Nous l’avons perdue », rigole Éloïse Bergeron.

« Je cherche à régler la cause du problème plutôt qu’à simplement soulager les maux »

À l’instar des êtres humains, les animaux sont épuisés après une consultation d’ostéopathie. « Je recommande 48 heures à 72 heures de repos et une réadaptation après mon rendez-vous », précise Thomas Cutard. Comme avec tous ses patients, l’ostéopathe reviendra voir la poulaine une semaine après son rendez-vous pour s’assurer que tout va bien.

Dans le cadre de son travail, Thomas Cutard est amené à se déplacer souvent. Et loin. Il peut intervenir de Poitiers à Nevers et d’Orléans à Clermont-Ferrand. S’il s’occupe principalement des chevaux et des bovins, les chiens, les chats et les nouveaux animaux de compagnie (NAC) comptent, aussi, parmi ses clients. 

Cloé Arrault

Source : www.leberry.fr/bourges-18…