Près de Tinchebray. Avec l’équithérapie, Isabelle Descarsin soigne grâce aux chevaux

Isabelle Descarsin avec Boyd Blue Top « avec ce cheval américain, une race très calme et très polyvalente, on peut tout faire ». (©L’Orne Combattante)

Il y a quelques mois, la nouvelle association Loisirs Équestres 61 créée à Montsecret était officiellement lancée, grâce à un groupe de personnes passionnées d’équitation. Une trentaine d’adhérents compose le groupe présidé par Emmanuel Halouin, certains ont une longue expérience avec le monde du cheval, d’autres souhaitent le découvrir, à leur rythme.

Parmi les initiés, Isabelle Descarsin, monitrice d’équitation, éthologue pratique l’équithérapie. Dans les mois à venir, elle souhaite développer son activité destinée aux personnes handicapées moteur ou psychique au sein de l’association.

Isabelle Descarsin a découvert le monde du cheval alors qu’elle était enfant à Bagnoles-de-l’Orne : « pendant ses cures, ma mère nous inscrivait chaque année ma sœur jumelle et moi au club d’équitation où nous avons passé chacun des galops », se souvient-elle.

C’est à Vélizy, en région parisienne où elle résidait, que la jeune femme de 21 ans devient monitrice d’équitation. Elle donne des cours dans plusieurs clubs, travaille dans le monde de la compétition, se passionne pour les complets, les sauts d’obstacle et la voltige.

Un jour, on lui propose d’encadrer des groupes de personnes handicapées. « Moi j’étais formée pour l’équitation mais n’avais pas de connaissance spécifique concernant le handicap. Cependant, j’ai tout de suite adoré, voir les progrès, le bien être que l’on peut apporter, c’est énorme ! »

Isabelle Descarsin apprécie chaque sourire d’enfant autiste, qui n’avait jamais prononcé de mot et finalement, en confiance parle à son cheval. Au travers des enfants autistes, elle découvre une raison de vivre qui la passionne.

Comprendre le handicap

Peu à peu, la jeune femme se forme et se professionnalise. « Il faut des chevaux très calmes, c’est assez extraordinaire : les chevaux décèlent le handicap, ils ressentent les choses et les supportent alors qu’ils ne le feraient pas avec d’autres personnes. »

Un long travail se met en place, avec des chevaux bien entendu, des personnes autistes, mais aussi des chiens. « Il faut prendre le temps de dépasser la peur, c’est un apprentissage qui se fait ensemble, lentement. »

Après de nombreuses années, la monitrice décide de quitter la région parisienne. « J’avais besoin de vivre à la campagne et souhaitais me rapprocher de la côte. » L’Orne lui semble alors un lieu de résidence propice. Durant plus de trois années, elle travaille comme formatrice d’équitation et de voltige à Landisacq. Elle y développe également son activité d’éthologie qui est l’étude du comportement de l’animal.

Malheureusement, un grave accident d’équitation contraint Isabelle Descarsin à renoncer à monter elle-même à cheval. « Mon dos ne le supporterait pas », regrette-t-elle.

Ehpad et IME

Elle choisit alors de s’inscrire à une nouvelle formation d’AES (Accompagnant Educatif et social) qu’elle réalise au GRETA de Flers et terminera en septembre prochain.

« J’ai 26 années d’expérience de monitorat d’équitation. Maintenant je vais pouvoir, grâce à cette formation, animer un travail à pied avec le cheval pour des personnes handicapées. Dans cette formation d’un an, j’apprends tout ce que je voulais connaître : les lois concernant le handicap, mais aussi les pathologies, l’origine des douleurs », explique Isabelle.

Selon elle, il est essentiel de comprendre le fonctionnement et l’origine des douleurs des patients pour pouvoir réaliser un travail avec l’animal et trouver le bon cheval pour chacune des pathologies.

« On nous forme également aux soins palliatifs, à la toilette, à la communication avec les familles, aux mots justes qui apportent du réconfort. » À l’issue de cette formation, elle interviendra dans des EHPAD ou IME. « Pour moi, l’idéal serait de travailler la nuit afin de donner des cours d’équitation les après-midi. »

Une autre vision de l’équitation

Sa rencontre avec la nouvelle association Loisirs Équestres 61 lui a ouvert de nouvelles perspectives « J’ai aimé cette vision de l’équitation loisir amusement, que les enfants ou les adultes apprennent en s’amusant. » La monitrice est très patiente, très douce ; « au fil des ans, j’ai appris qu’avec la patience on pouvait tout obtenir des chevaux, même avec des cavaliers très craintifs, on peut tout faire avec le temps ».

Son monitorat d’éthologie 1er degré lui ouvre des perspectives avec les shetlands. « Il nous faut déjà former les chevaux, il faut comprendre les cinq sens du cheval pour mieux comprendre ses réactions. Il faut expliquer que le cheval est un animal de proie, donc un animal craintif, il faut toujours être vu de lui pour ne pas l’effrayer. »

Les cours d’équithérapie seront également destinés aux personnes souffrant d’Alzheimer. « Il a été constaté que la proximité, le contact avec les animaux favorisait le rappel des souvenirs, permettait de remémorer les choses oubliées. »

Une ferme pédagogique

Au sein de l’association, une petite ferme pédagogique verra le jour, avec des chevaux, des poneys, des chiens, des chèvres, des lapins et des chats. Des groupes d’enfants, de handicapés, de personnes en perte d’autonomie y seront accueillis.

En parallèle, l’éducatrice prépare ses chiens à sa future activité. « Les plus jeunes apprennent par mimétisme en observant les plus vieux, la liaison entre la personne handicapée et le cheval passe aussi par l’intervention intermédiaire du chien. » Elle prépare en ce moment des bergers australiens, particulièrement adaptés au travail avec des personnes handicapées.

Dans les mois à venir Isabelle Descarsin pourra développer le travail qui la passionne, partageant la philosophie des adhérents de Loisirs Equestres 61. Emmanuel Halouin et les bénévoles achètent des chevaux pour cela et préparent une carrière pour ces activités. À suivre…

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