Pranayama et liberté : les processus alchimiques du souffle, clé de toute transformation

Première partie

Le souffle est puissamment en relation avec les processus mentaux qui tout au long de la journée fluctuent énormément, ce qui entraine également des fluctuations au niveau des énergies qui parcourent les autres corps.

L’expression en «  avoir le souffle coupé » montre bien qu’un choc émotionnel violent a une incidence puissante sur le souffle, et c’est vrai pour absolument tout ce qui se passe ; bien sûr à des degrés différents, parfois imperceptibles, vous ne vous en rendez pas compte, mais les énergies se mettent à circuler moins bien, et le souffle se bloque peu à peu. N’oubliez pas que les trois corps sont en étroite relation  grâce aux adharas et ce qui arrive à l’un se transmet aux deux autres et c’est vrai dans les deux sens. Les trois corps échangent en permanence des informations. Il s’agit des corps physique, énergétique et mental. Je prenais un exemple un peu extrême, mais la plupart du temps, on ne remarque pas les fluctuations du souffle, s’il accélère, se coupe, ou même se bloque tant l’être humain est happé par son mental, ce qui est d’autant plus vrai avec cette cohorte de gens rivés à leurs portables…

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Les techniques de pranayama permettent de mettre en place ce qu’on appelle le souffle énergétique qui n’est plus un souffle purement physiologique : en clair, a n’a plus besoin d’inspirer autant d’oxygène, le relai est pris par l’énergie de la structure énergétique : ce qui veut dire qu’avec de la pratique, le souffle devient très stable : s’il est stable, le mental l’est aussi et devient en quelque sorte imperméable  aux différentes fluctuations de la journée – car tout influence le souffle y compris les stimuli sensoriels, qu’ils soient auditifs, visuels, ou autres-  mais avec ces techniques de souffle, celui-ci devenant plus subtil, plus énergétique, assure une vraie stabilité de l’être tout entier.

En outre, comme pour l’eau sur la terre, qui circule en boucle depuis des millions d’années, l’air est bien toujours le même et a déjà été respiré des milliers de fois ; cela veut dire que des millions de créatures ont déjà respiré cet air avant nous, qu’il est chargé de leurs énergies, de leurs mémoires.  Éveiller son souffle subtil, c’est s’extraire du collectif qui, mémorisé d’une certaine façon dans cet air,  impose, à travers lui,  une façon d’être, de penser, de réagir. Cela permet donc de se couper de façons d’être, de penser, d’agir collectives, sans même que l’individu n’ait la capacité de s’en rendre compte ; peu à peu, il investit pleinement tout son être, sans plus que l’extérieur ne vienne lui imposer ce qu’il doit penser, aimer, regarder, acheter, etc..

Si vous avez des doutes, sachez que des tests récents ont été faits dans des salles de cinéma qui diffusaient un certain type de film et qu’il a été constaté que l’air respiré non seulement se chargeait des émotions des spectateurs, mais qu’en plus cela avait une influence sur l’ensemble des personnes de  la même salle ; c’est-à-dire si un spectateur très sensible regarde un film d’horreur et est terrifié, par son souffle, il contaminera en quelque sorte ses voisins. 

 

L’extérieur désigne non seulement les individus, mais aussi les lieux, le temps qu’il fait, tout ce qui peut influencer de l’extérieur un être humain. Car tout a une interaction avec le souffle qui lui-même modifie et influence les corps physiques et mentaux.

 

 En résumé, si le souffle est instable, ou si vous préférez irrégulier, il est difficile de garder une stabilité intérieure; si l’être humain était un navire, le souffle serait la mer,  et vous voyez donc ce qui se passe si la mer change sans cesse ; sauf si le capitaine sait parfaitement diriger son bateau. D’où l’un des rôles du pranayama : par les techniques de yoga, le souffle énergétique est éveillé, ce qui stabilise le souffle tout court ; ainsi tout l’individu qui acquiert cette stabilité. L’individu gagne en harmonie.

 

Vous pouvez d’ailleurs vous amuser à observer dans la journée l’état de votre souffle et votre état intérieur personnel. Pensez aussi régulièrement à ramener un souffle calme, ample et lent, par exemple, s’il est un peu haché et rapide plusieurs fois dans la journée sur une minute ou deux ; mais c’est le travail régulier du pranayama qui assurera vraiment cette stabilité.

 

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Source : www.artetyoga.fr/2019/07/…