Ostéopathe animalière, les animaux blessés lui disent merci

Les yeux grands ouverts de Thaï questionnent les gestes de sa propriétaire. Des mains au-dessus du bassin, un bras sous l’estomac. Ce jeune chien, plutôt actif, est adouci par les palpations qu’Armelle Schaffo réalise. « Je ne transforme pas les tigres en agneaux, mais l’ostéopathie peut calmer certains animaux agités », explique-t-elle en souriant. Ce n’est pas la première fois que son chien se fait ausculter. Avec Baghera, son deuxième compagnon à quatre pattes, Armelle Schaffo s’est formée pour devenir ostéopathe animalière. Car contrairement à ce que l’on pourrait croire, les médecines douces ne sont pas uniquement réservées aux humains.

« L’ostéopathie, c’est comme un oignon. Il y a  des couches de traumatisme à enlever »

Armelle Schaffo

Armelle Schaffo va tester chaque organe et chaque articulation de l’animal. Photo Vincent Jolfre

Chien, chat, cheval, vache, lapin, hamster, tous autant qu’ils sont, peuvent profiter des bienfaits de la médecine complémentaire. Et de l’expérience d’Armelle Schaffo. « J’ai exercé en tant que vétérinaire de 2011 à 2019 et j’ai décidé de pratiquer exclusivement l’ostéopathie et l’acupuncture. Ce sont des choses qui m’intéressent. Mes parents me soignaient par homéopathie quand j’étais petite », précise-t-elle. Armelle Schaffo décide alors de transposer ses connaissances sur les animaux, en suivant plusieurs formations en ostéopathie vétérinaire. Fini les remèdes de cheval !

Vers l’auto-guérison 

Douceur et respect de l’animal rythment son travail. Elle se déplace à domicile pour soigner autrement les bêtes qui ont besoin d’elle. « On me sollicite la plupart du temps pour des animaux qui boitent. Pour les chevaux qui ont des raideurs par exemple ». Armelle Schaffo se sert alors de ses doigts de fée pour les soulager. Comme chez les humains, elle va tester chaque articulation, chaque organe, en plaçant ses mains sur des points stratégiques. « Il y a ce que l’on appelle des restrictions de mobilité, on va lever ces restrictions. Le traitement ostéopathique est de mettre le corps dans les meilleures conditions possibles pour que l’animal puisse aller vers l’auto-guérison ». Utiliser la médecine douce en préventif aide à détecter les blocages avant qu’ils ne soient douloureux pour l’animal. S’il y a un choc à l’épaule, par exemple, le corps va compenser en créant des lésions ailleurs et donc des complications.

À chaque animal, sa méthode de guérison

« L’ostéopathie c’est comme un oignon. Il y a plein de couches de traumatismes à enlever. Cela permet aux organes de mieux fonctionner et de prévenir des maladies ». La stimulation de points précis permet de guérir les problèmes musculaires, gastro-intestinaux, mais également les troubles nerveux. Armelle Schaffo s’adapte à chaque animal, à chaque caractère. Elle entre en connexion avec eux pour comprendre de quelle manière ils peuvent être soignés. Dans certains cas, les plantes peuvent même être une solution alternative.

L’ostéopathie et l’acupuncture sont complémentaires de la médecine conventionnelle. Photos Vincent Jolfre

« En plus d’une consultation, il m’est possible de prescrire et de réaliser des préparations individualisées », indique-t-elle. L’artichaut, l’avoine, la réglisse et l’aubépine sont sur la liste de ses remèdes « presque » miracles. Certains symptômes nécessitant toujours une visite incontournable chez un vétérinaire conventionnel. « S’il y a fracture, c’est davantage de leur ressort », indique-t-elle.

Pourtant, quels que soient leurs maux, certains animaux décident de venir d’eux-mêmes à la rencontre de l’ostéopathe. Un petit oiseau blessé a eu vent de son activité et a décidé de se poster juste devant sa porte pour être pris en charge. Avec de la micro-ostéopathie, elle a réussi à le soigner. Le petit oiseau a pu s’envoler de nouveau, devant les yeux émerveillés d’Armelle Schaffo. 

Edwige Blanchon

L’ostéopathie animalière :
une discipline bien encadrée

Manipuler un animal pour le soigner n’est pas donné à tout le monde. Il faut être doté de certaines compétences en la matière. Pas forcément être vétérinaire ou ostéopathe, mais au moins être soit l’un, soit l’autre. Depuis quelques années, la discipline est bien encadrée. La profession est réglementée depuis le décret du 19 avril 2017, « relatif aux règles de déontologie applicables aux personnes réalisant des actes d’ostéopathie animale et aux modalités de leur inscription sur la liste tenue par l’Ordre des vétérinaires ».
Pour exercer cette profession, il faut donc suivre une formation dans une école spécialisée et réussir l’épreuve d’aptitude organisée par l’Ordre des vétérinaires. Elle se compose d’une épreuve écrite et d’une épreuve pratique. Pour se présenter, il faut justifier de cinq ans d’enseignement supérieur.
Une fois ces examens réussis, l’ostéopathe peut obtenir son inscription sur une liste tenue par l’Ordre des vétérinaires. Il peut ensuite exercer en tant que professionnel confirmé.

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