Millau : le Bar du musée, entre repas ouvriers et cour des miracles

C’est une petite aventure humaine de s’imprégner de l’ambiance du Bar du musée. Ce petit bar-restaurant est tenu depuis vingt-six ans par Maria Marra, et sa fille Marie-Françoise. L’endroit est très connu des Millavois mais reste toujours discret. Maria ne veut pas trop de réclame. “Pour vivre heureux, vivons discrets”, dit-elle. Il est réputé pour sa bonne table, mais aussi pour les indiscutables talents de guérisseuse de Marie-Françoise.

Repas ouvrier à 13 € du lundi au vendredi

Les repas y sont simples mais faits de bons produits et à un tarif économique. Les deux femmes ont la générosité épinglée au tablier et sont véritablement à l’écoute et même au soutien de leur clients. On y trouve l’authentique repas ouvrier à 13 € servi du lundi au vendredi. Marie-Françoise fait l’accueil en fanfare: “Alors, on a encore fait de la poussière ce matin !” Les ouvriers rient et s’attablent.

Service du véritable repas ouvrier.
Service du véritable repas ouvrier. – Eva TISSOT

C’est un menu pour les grosses faims, simple et bon. Une soupe, un choix de quatre charcuteries, une salade composée et une part de quiche pour l’entrée. Puis, un chou farci ou des pâtes à la carbonara, ou les deux. Pour digérer le tout, une assiette de fromages et un dessert. Le café et le vin sont compris dans le menu. Vous pouvez même emmener vos restes, la maison n’aime pas le gaspillage. Le service se fait toute la journée.

Dans cet endroit,la générosité n'a d'égale que le simplicité.
Dans cet endroit,la générosité n’a d’égale que le simplicité. – Eva TISSOT

Les dons de la fille de la maison

“Ici, il y a toujours une gamelle sur le feu”, déclare Maria. D’origine italienne, la “mamma”, qui a eu douze enfants, n’a pas sa langue dans la poche. “Il n’est pas très beau mon café, mais les gens y sont bien, c’est ça le plus important”, dit-elle. Ce sont surtout des femmes, qui viennent prendre un café, ou un petit vin blanc et se raconter la vie. Les hommes passent la porte aussi, souvent pour se confier auprès de ces femmes, sans chichis.

Les clients fidèles viennent aussi pour les talents de guérisseuse de Marie-Françoise. Depuis l’âge de sept ans, Marie-Francoise Marra a des dons étonnants.

“J’ai quarante-six enfants et quatre en route”

Dès le premier contact, le cadre est posé. “J’ai 46 enfants et 4 en route !” Marie-Françoise, qui n’a pas l’air en attente d’un heureux événement, entre directement dans le sujet. Elle amende rapidement ses propos. “Les couples qui n’arrivent pas à avoir d’enfants viennent me voir et je leur explique tout simplement comment il faut faire, je travaille aussi avec la lune.”

Pour preuve de ses talents, Marie-Françoise à une belle collection de lettres et de photos de remerciements.
Pour preuve de ses talents, Marie-Françoise à une belle collection de lettres et de photos de remerciements. – Eva TISSOT

La procédure semble simple comme un coup de baguette magique. Devant la pile de lettres de remerciements accompagnées de photos de jolis bébés, il faut bien avouer qu’il semble s’être passé quelque chose qui sort de l’ordinaire.

Elle a des flashs et des prémonitions

“Je ne soigne pas les gens, je les soulage ou je les soutiens, j’ai des choses qui me viennent, explique-t-elle. Je suis née sur le plateau de la gare à Millau, ma mère n’as pas eu le temps d’arriver à la maternité. Puis, j’ai été très malade petite, j’ai failli mourir plusieurs fois. C’est ça qui m’a rendue comme je suis. Un jour, j’avais 7 ans, une image m’est venue et suite à ça,  je me suis rendu compte que j’avais des dons.”

Sa mère Maria acquiesce : “En plus d’enlever le feu et de soulager les douleurs, elle à des flashs, des prémonitions. C’est comme ça.” Dans la vie du café, les clients sont tout à fait habitués à se faire prédire, conseiller ou aider. Mieux vaut le savoir avant de s’y rendre.

Une réputation par le bouche à oreille

“Je travaille aussi avec douze médecins et des hôpitaux. Ils m’envoient leur patients, pas pour que je les guérisse, je ne guéris pas, je les soulage un peu, raconte Marie-Françoise. J’enlève les brûlures des rayons.” Par le bouche à oreille, sa réputation s’est faite toute seule.

“Il y a tellement de gens qui ont besoin d’aide, c’est impressionnant.” Elle ne se fait pas payer et si la gratitude des patients s’exprime en pourboire, elle s’en sert toujours pour aider d’autres gens. C’est ainsi qu’elle prend soin de son don. “Cette nuit, j’ai rêvé que je gagnais, alors je joue”, dit elle en découvrant du coin de l’ongle quelques jeux à gratter. Effectivement, deux euros s’affichent sur le ticket gagnant.

A bon entendeur…

Source : www.midilibre.fr/2019/02/…