Marianne Lopez, la Châtelguyonnaise qui soigne les animaux grâce à l’ostéopathie

“J’ai bien conscience d’être un peu perchée !”, plaisante la jeune étudiante de 23 ans. Et lorsqu’on lui demande comment on devient ostéopathe animale, la petite brune répond du tac au tac. Sans filtre.

“J’ai une connexion avec les animaux depuis toute petite. J’ai eu un cochon d’Inde, un chat, des chevaux et jusqu’à trente lapins. J’ai toujours trouvé refuge auprès des animaux quand ça n’allait pas. On ne se juge pas. C’est franc.”

Ostéopathe par le plus grand des hasards

Un feeling qui l’a naturellement poussée vers des études de vétérinaire. Mais voilà, la prépa véto l’a “très vite dégoûtée. Je n’avais pas de contact avec les bêtes, seulement une charge de travail que l’on vous apprend à supporter”. Et c’est par le plus grand des hasards que Marianne tombe sur un ouvrage d’ostéopathie animale en flânant à la bibliothèque.

Je me suis dit : c’est cela que je veux faire et j’ai foncé !

Depuis son inscription à la C­-NESOA de Châtel-Guyon, l’étudiante campe sur une autre planète. “Cela va au-­delà des études. C’est devenu un mode de vie. Aujourd’hui, l’ostéopathie a envahi tous les moments de ma vie. Quand je regarde un animal marcher, j’analyse l’expression de son corps”, détaille la Lyonnaise d’origine.

La petite chienne Java a ouvert plus que des portes à l’Ehpad Pelisson Fontanier à Bénévent-l’Abbaye (Creuse)

Décalée, Marianne Lopez plaisante de ses excès en toute décontraction. “Quand je mange du poulet, j’analyse tous les os. L’autre jour, mon boucher m’a donné une aile. J’ai passé une heure à l’étudier se plier et se déplier. Et je ne vous parle pas des posters d’anatomie qui me suivent y compris dans mes toilettes !”

Une véritable révolution

Avec une promo devenue à 80% végétarienne, l’amoureuse des animaux a, elle aussi, révolutionné sa vie. Depuis quatre ans, Marianne a un nouveau rituel. C’est escortée de Grim, son fidèle border collie qu’elle se rend en cours.

“Pouvoir aller en classe avec son chien, c’est le pied absolu ! Je me fais la main sur lui.” Et lorsqu’elle n’est pas à l’école, Marianne passe aux travaux pratiques. Animaux de la ferme, chats, chiens, serpent en mue, gecko en détresse et même furet sont déjà passés entre ses mains.Marianne Lopez ostéopathe pour animaux – le 18/01/2019 photo Franck boileau

“Quand un animal a un problème de comportement, un souci cutané, viscéral, ou une boiterie, cela signifie que son corps exprime un désaccord. Le rôle de l’ostéopathe va être de trouver l’origine du déséquilibre.”

Une méthode naturelle qui séduit de plus en plus les propriétaires d’animaux. “Il y a eu un effet de mode bio ­bobo, et les propriétaires de chevaux ont fait appel aux ostéopathes. Ils ont compris que le médicament souvent coupait le système d’alarme.”

Une philosophie qui commence à s’ancrer

Une tendance qui s’est également développée auprès des éleveurs. “Lorsqu’un animal est soigné avec des médicaments, le lait est foutu pendant quinze jours. Les agriculteurs ont perçu l’intérêt de la prévention. Et depuis, les résultats obtenus les poussent à avancer dans ce sens.”

Une philosophie du “mieux vaut prévenir que guérir” qui commence à s’ancrer dans la pratique. “Certaines mutuelles de chiens commencent même à rembourser l’ostéopathie !”, s’enthousiasme la jeune soignante.

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Une médecine qui pousse au perfectionnisme.

“C’est vrai qu’au début, on a toujours le doute. Et puis, les patients m’envoient des photos de leur animal guéri. C’est ma récompense !” Et au -delà des pathologies classiques, la jeune femme porte une attention particulière à l’état affectif de ses patients sur pattes.

“Il existe des animaux suicidaires qui se jettent sous les voitures ou sautent plus haut qu’ils ne le peuvent par exemple, d’autres sont dépressifs. J’ai eu le cas d’un petit chat qui a développé le même cancer que son maître. Ou un autre qui a eu des maux de ventre quand son propriétaire a été opéré du colon. Ce sont des éponges à émotions qui partagent nos ressentis.” Là encore, Marianne Lopez a la solution : “Un traitement crânien et viscéral leur fait du bien.”

Les animaux sont des éponges à émotions qui partagent nos ressentis.

Passionnée s’il en est, l’Auvergnate, aux petits soins des animaux, pense connaître le remède universel pour l’Homme : “Pour les Égyptiens, le chat était un Dieu, vu comme le plus grand des thérapeutes. Je recommande donc à tous ceux qui rêvent d’une relation sincère et sans condition, de s’entourer d’un animal.” La manière, selon elle, d’aimer et d’être aimé “sans courir le risque d‘être déçu !”

Carole Eon-Groslier

C-NESOA. Centre d’ostéopathie animale de Châtel-Guyon, route de Chazeron, tél. 04.73.64.56.93.

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