L’Ordre des médecins tranchera sur l’homéopathie en octobre

L’homéopathie est toujours sur la sellette. Alors que la Haute Autorité de santé (HAS) a d’ores et déjà estimé que l’efficacité de ces médicaments n’était pas suffisante pour justifier son remboursement, c’est au tour de l’Ordre des médecins de trancher sur la reconnaissance de cette discipline. L’instance, qui peut décider d’interdire la mention de la spécialité sur les plaques des praticiens, « sera saisie en octobre pour prendre une décision », précise ce mercredi son président Patrick Bouet.

Tout juste réélu pour un troisième mandat de trois ans à la tête de l’institution, il a « commandité » à ses équipes un rapport afin de tirer les conséquences de l’avis de la HAS, qui a jugé la semaine dernière que les produits homéopathiques présentaient « une efficacité insuffisante pour être proposés au remboursement ».

L’Ordre doit désormais « se positionner » sur le « droit au titre », qui permet aux médecins de se prévaloir de certaines spécialités. « En matière d’homéopathie », le Conseil national de l’Ordre des médecins (Cnom) pourra « soit (le) prolonger, soit (le) supprimer », a résumé son président. Cela ne veut toutefois pas dire que les médecins ne pourraient plus pratiquer, les « droits acquis » étant protégés par la loi.

Le débat portera aussi sur les formations dispensées par certaines facultés de médecine, le Dr Bouet souhaitant connaître « la position de l’université quant à la délivrance d’un enseignement et d’un diplôme » avant de trancher.

 

Il y a un an, un collectif de 124 médecins avait signé une tribune au vitriol contre l’homéopathie. « Ces médecines soignent l’inutile en surmédicalisant la population », avaient-ils dénoncé. Ils assuraient aussi qu’elles provoquaient une grande « défiance » vis-à-vis de la médecine traditionnelle et qu’elles « retardaient les diagnostics ». C’est cette tribune qui avait déclenché la saisie de la Haute autorité de santé pour connaître son avis sur le déremboursement de l’homéopathie.

Les affaires liées à cette tribune « vont continuer leur trajectoire normale », si besoin jusqu’au Conseil d’Etat, « sauf à ce que les plaintes soient retirées », a précisé sur ce point le Dr Bouet. Expliquant n’avoir « aucune autorité » sur les instances disciplinaires de l’Ordre, il a rappelé que ces procédures se fondaient « non pas sur le contenu de ce qui était affirmé mais sur la façon dont les médecins s’étaient interpellés les uns les autres ».

 

 

Côté patient en tout cas, 74 % des Français veulent le maintien du remboursement de l’homéopathie, selon un sondage Ipsos que nous dévoilions à l’automne.

Source : www.leparisien.fr/societe…