Les compléments alimentaires à base de plantes laxatives jugés dangereux ?

Certains compléments alimentaires contiendraient des plantes aux effets laxatifs puissants potentiellement responsables d’irritation du tube digestif et de lésions aux intestins, s’inquiète l’Académie nationale de Pharmacie dans un nouveau rapport.

Allergies, lésions intestinales… « Certains compléments alimentaires à base de plantes laxatives comporteraient des risques pour la santé », révèle un rapport de l’Académie nationale de Pharmacie publié le jeudi 7 février 2019. Selon les auteurs du rapport, ces plantes contiennent des principes actifs appelés « hétérosides hydroxyanthracéniques » comme le suc d’aloès, l’écorce de bourdaine, la racine de rhubarbe, ou les fruits du séné qui auraient des propriétés certes laxatives, mais également irritantes. En effet, ces principes actifs (les mêmes que l’on retrouve dans les médicaments de la catégorie « laxatif stimulant ») auraient un effet « irritant pour le tube digestif et la muqueuse colique » et seraient « responsable d’une perte de sels minéraux (potassium…) par l’organisme« , pointent du doigt les auteurs. Et d’ajouter que sur le « long terme, des lésions définitives de la paroi interne de l’intestin pourraient apparaître. C’est ce qu’on appelle la « maladie des intestins« . Problème : ces plantes n’auraient rien à faire dans le rayon des compléments alimentaires et ne devraient être réservés qu’aux médicaments. En effet, ces plantes laxatives « jusqu’alors consommées dans la comme médicaments compte tenu de leur activité pharmacologique » n’ont jamais été utilisées dans l’alimentation et ne devraient pas l’être, déplorent les Académiciens. Pire encore, certaines plantes comme le cimicifuga seraient interdites dans la composition des médicaments, mais autorisées dans les compléments alimentaires.

Un usage mal encadré. En France, contrairement aux médicaments, « la commercialisation des compléments alimentaires ne nécessite pas d’autorisation individuelle de mise sur le marché fondée sur l’évaluation scientifique de ses bénéfices et de ses risques », précise l’Anses. Autrement dit, les compléments alimentaires sont facilement accessibles (en grande surface, en parapharmacie, sur Internet…) et ne sont par conséquent pas toujours vendus avec des conseils d’utilisation et des mises en garde nécessaires au patient. Or, « les accidents les plus sévères sont liés au mésusage« , regrettent les auteurs du rapport.

Ainsi, compte tenu des effets indésirables potentiels de ces principes actifs (diarrhée, douleurs abdominales, dépendance et incapacité d’aller à la selle sans médicaments…), l’Académie nationale de Pharmacie demande la révision de la liste* des plantes autorisées dans les compléments alimentaires et l’exclusion de celles présentant un danger pour les consommateurs. Par ailleurs, les auteurs exigent le renforcement des contrôles et de l’information des utilisateurs ainsi qu’un meilleur enseignement en faculté de pharmacie. En somme « malgré leur statut d’aliment, contrairement à ce que beaucoup de personnes croient, les compléments alimentaires ne sont pas des produits anodins« , rappellent les Académiciens. Il est donc indispensable de se renseigner auprès des professionnels de santé pour les utiliser sans risque

*Établie par un arrêté du ministère de l’Économie du 24 juin 2014, cette liste comprend 540 espèces végétales.

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Source : sante.journaldesfemmes.fr…

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