En Russie, un chamane en route vers le Kremlin pour exorciser Vladimir Poutine

Le chamane sibérien Aleksandr Gabyshev.
Le chamane sibérien Aleksandr Gabyshev. (CAPTURE D’ECRAN YOUTUBE)

Alexander Gabychev a parcouru près de 3 000 kilomètres au bord des routes de l’Extrême-Orient russe avant d’être arrêté. Avec sa démarche cahoteuse, un peu comme Dersou Ouzala, le héros du film de Kurosawa, il tirait une charrette à bras sur laquelle il transportait une toile de tente et quelques vivres. Il s’arrêtait la nuit le long des chemins pour dormir. Ce chamane ne gênait pas grand monde avec son idée folle d’exorciser Vladimir Poutine après deux années de marche en direction du Kremlin. Jusqu’au jour où, au bout de six mois de périple, le groupe de ses sympathisants a commencé à grandir dangereusement. À Tchita, après plus de 2 000 kilomètres à pied, Gabychev, toujours vêtu d’un pantalon kaki et d’un tee-shirt à l’effigie de Che Guevara, avait rassemblé un jour sur une place près de 700 personnes à qui il avait crié, le poing en l’air : “Vivez libres ! Poutine n’a aucun pouvoir sur vous !” 

C’est à partir de là qu’il a été considéré comme dangereux, alors que le chamanisme, lui, a retrouvé droit de cité depuis la fin de l’URSS. En fait, le chamanisme, qui privilégie le lien entre l’Homme et la Terre, abrite plusieurs courants. Et Gabychev a été durement accueilli avant son arrestation par d’autres chamanes à Oulan-Oudé, à plus de 5 000 kilomètres à l’est de Moscou, parce qu’ils étaient opposés à ses attaques contre le pouvoir central. Mais dans sa quête, il a conquis suffisamment de partisans pour être considéré comme étant à l’origine d’un véritable groupe de pression. “Je l’ai pris au sérieux parce qu’on pense l’accuser d’extrémisme, mais il a formé une petite équipe d’adhérents donc on peut quand même dire que c’est un mouvement social”, analyse Micha Roshchin, membre de l’Institut d’études orientales à l’Académie des sciences de Russie à Moscou.

Aujourd’hui, Gabychev a rejoint sa région d’origine sous escorte policière. Il est accusé d’avoir commis un crime dont personne ne connait la nature. Et pendant qu’Amnesty international demande sa libération, un de ses disciples a pris le relais et se dirige à son tour vers le Kremlin à pied. Il se fait appeler Ded Moroz, “le Père Noël” en russe.

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