D’Abidjan à New Delhi : les promesses des médecines traditionnelles

Sous l’impulsion de l’Organisation mondiale de la santé, la médecine traditionnelle fait, depuis plusieurs années, l’objet de politiques publiques dans différents pays en développement, notamment africains et asiatiques.

Entre promotion des méthodes ancestrales comme alternative à la biomédecine dans les pays où l’accès à celle-ci est limité et encadrement des tradi-praticiens pour prévenir le charlatanisme, le sujet s’est imposé à l’agenda de nombreux gouvernements.

C’est le cas notamment en Côte d’Ivoire où, en 2015, une loi a ainsi été adoptée intégrant officiellement la médecine traditionnelle au système de santé locale.

Un an plus tôt, c’est l’Inde qui se dotait d’un ministre en charge de l’ayurvéda, du yoga, de l’unani et de l’homéopathie.

S’il est au premier abord tentant de ne voir dans ce retour en grâce des médecines traditionnelles qu’une tentative de pallier des problèmes de déserts médicaux dans les pays en développement, la réalité s’avère plus complexe. En effet, dans un contexte industrialisé et mondialisé, les savoirs ancestraux sont loin d’être réservés aux classes populaires peu éduquées, et alors que les classes moyennes se les réapproprient, les gouvernements peuvent également les utiliser comme outils de soft power, comme on l’observe avec la médecine chinoise, ou comme le ciment nationaliste de l’ayurvéda en Inde.

Qui recourt à la médecine traditionnelle aujourd’hui ? Comment celle-ci est-elle encadrée? Pourquoi la promouvoir ? A qui profite son industrialisation ? Quels en sont les dangers éventuels ?

Par rapport aux autres médecines traditionnelles que ce soit en Inde, au Tibet etc,  la médecine africaine n’a aucun écrit. Sa transmission s’est faite oralement, et plus que ça il y a le secret qui est très important dans ces pratiques. Véronique Duchesne

Il y a un glissement social avec des pratiques qui deviennent de plus en plus chères et un glissement géographique avec un déplacement du milieu rural vers le milieu urbain. Laurent Pordié 

Aujourd’hui en Europe, en fonction des cadres réglementaires nationaux, la législation de la médecine traditionnelle varie. Simeng Wang 

Extraits sonores :

– En Inde, dans la cité sainte de Varanasi, en Inde, rencontre avec un patient qui souffre de maux d’estomac et qui décide de se tourner vers la médecine ayurvédique (Arte, extrait du reportage « Inde, la médecine ayurvédique » d’Andrea Oster, 02 juillet 2017)

– Extrait du documentaire « Yoga Iyengar, médecine traditionnelle de l’Inde » d’Andrea Oster. Ce type de yoga travaille les asanas qui stimule la circulation sanguine et le métabolisme afin d’activer la guérison des muscles, des os et des organes. Il est ici utilisé afin de soigner un cancer (diffusé sur Arte le 21 novembre 2015)

– Dao Kim Long, acuponcteur à Hanoï explique les particularités de son acuponcture vietnamienne (Arte, extrait du documentaire « La médecine traditionnelle vietnamienne » de Timothée Jansen, Bernard Fontanille et Caroline Hocquard, 11 avril 2016)

– Extrait du documentaire « Des racines, une loi » de Véronique Duchesne et Gil Roy, mai 2019

– Extrait de l’allocution de Narendra Modi lors de l’inauguration de l’Institut ayurvédique indien à New Delhi en octobre 2017 (The Quint, 17 octobre 2017)

– A l’Institut Qimétao installé à Paris, Maître Jian explique comment il dispense des massages en plus de l’acuponcture et du Qi Gong. Les massages médicaux sont pourtant réservés aux seuls kinésithérapeutes dûment diplômés. (France 2, 12 janvier 2016)

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