Avec les chevaux, les souvenirs reviennent au galop

Oubliée la fatigue, oubliés le mal de dos et autres maux, oubliées les idées noires. Ce lundi, le centre équestre de Yutz était empli de sourires et de gaîté. Ceux des résidents de l’Ehpad Saint-Pierre de Thionville clairement emballés à l’idée de participer à une séance d’équithérapie.

Pas de temps à perdre, dès leur entrée dans les écuries, les « papys » et « mamies » déambulent dans les allées et chaque bout de nez qui dépasse a droit à une caresse. Ni une, ni deux, lorsqu’Aude Barthelemy, infirmière formée en équithérapie, leur présente quatre poneys shetland et leur tend les brosses, les visiteurs commencent à astiquer. « L’équithérapie est basée sur le contact avec l’animal, explique Aude Barthelemy. La médiation est basée sur les sens. Le toucher, par exemple, détend, procure du bien-être. Et en brossant, on travaille aussi sur le moteur. »

Des souvenirs et des émotions…

Force est de constater que le contact avec les animaux délie également les langues : « Ça réveille leurs souvenirs, d’autant que c’est une génération qui a grandi avec les bêtes », poursuit Marjorie Llorens, psychologue à l’Ehpad. « Ils nous racontent leurs histoires. Il y a même, parfois, des personnes qui ne sont plus du tout en interaction avec nous et qui le sont avec les animaux. » En vivant le moment, « ça les aide aussi à être dans le présent. »

Les mots sont justes, ce jour, face aux chevaux. Ils le sont également quand débarquent, à l’Ehpad, les chiens visiteurs du Training-club canin de Thionville. Ou les cochons d’Inde, poules et autres tourterelles de l’Association de zoothérapie de l’Est. Les émotions sont fortes, « ça suscite même parfois des larmes ! », s’anime Sandrine Bruck, animatrice et aide soignante, qui a organisé cette journée, soutenue par Emmanuel Marchal, directeur de l’établissement. Et Marjorie Llorens d’expliquer : « La mémoire émotionnelle n’est jamais altérée, quelle que soit la pathologie. »

Et s’il est épatant et formidable de voir évoluer de cette façon les résidents d’un Ehpad dans un centre équestre, ça l’est également d’observer l’attitude des chevaux. A la fois doux, patients et curieux. « Le cheval est un animal qui change de comportement en fonction de la personne qui s’en occupe. Certains d’entre eux peuvent être très nerveux avec de bons cavaliers et très doux avec des personnes handicapées ou âgées », illustre Aude Barthelemy. Le mot de la fin revient à Valérie Hamelin-Boyer, gérante du centre équestre : « C’est une osmose. Ils nous donnent beaucoup et nous en apprennent tous les jours, nos chevaux. »

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